
Témoignages
Nous avons recueilli plusieurs témoignages de personnes ayant subis différents types de greffe d’organes vitaux :
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Certains disent que : "C'est une renaissance, malgré les effets secondaires, je revis."
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D’autres nous indiquent que les contraintes sont grandes mais que cela ne vaut en rien le fait de pouvoir vivre : "Bonjour, je ne dirai pas que ma qualité de vie a été améliorée, oui je peux remanger car je ne mangeais plus du tout, ce qui prenait la tête à mon mari ! A par le fait d'être en vie (un détail) ce qui est énorme, car je ne devrais plus être là ! je ne fais aucun abus, je ne fume pas et je ne bois pas ! J'apprécie d'être là, de pouvoir profiter des miens ! En avançant dans l'âge, et dans ma greffe les problèmes sont plus importants, et on ne peut pas toujours me soigner comme je le souhaiterais, avec des anti-inflammatoires pour ne plus souffrir de sciatique, et autres problèmes d'os, qui m'handicape énormément ! A cause du mauvais état de santé de mes reins, on ne pas me donner n'importe quel médicament, et la morphine ne règle pas tout malheureusement !"
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« Je m'appelle Patrick, j'ai 30 ans et je suis atteint d'une maladie génétique qui s'appelle la mucoviscidose. Cette maladie rend les sécrétions collantes, ce qui a pour effet principal d'obstruer les bronches, mes poumons devenant par ce fait même le siège de nombreuses infections. Ces infections entraînent inexorablement une détérioration définitive du système respiratoire. A cela s'ajoutent de gros problèmes articulaires (semblables à de l'arthrose) ainsi qu'une mauvaise absorption des graisses car mon pancréas est atteint lui aussi. Que dire d'autre ? A part des séjours en milieu hospitalier de plus en plus fréquents (deux mois à la maison est un maximum), des hémoptysies multiples, deux embolisations, un diabète lié lui aussi aux problèmes du pancréas, et bien en dehors de tout ça, tout va bien... Il y a deux ans et demi, si c'était mon avis, ce n'était certainement pas celui de mon médecin, et au vu de mes hémoptysies répétées, il me proposa de penser à une possible transplantation bi-pulmonaire. Alors âgé de 27 ans, n'ayant que très peu de chances de passer l'hiver qui s'annonçait fort rude et sachant depuis toujours que telle serait ma destinée, j'ai décidé un matin de juin 2003 de franchir le pas. Après un bilan pré-greffe fort éprouvant, me voilà en liste d'attente dès le mois d'août. Dès lors, mes journées se ressemblèrent de plus en plus, le plus significatif étant que tout devenait de plus en plus pénible à faire : me laver, manger, marcher, monter un escalier. Heureusement, l'oxygénothérapie est venue un peu m'aider, mais si peu... Quand ton heure vient, elle vient et dans mon cas, elle arrivait à grands pas. Un soir de novembre cependant, un coup de fil sur le GSM de maman changea radicalement mes perspectives d'avenir. C'était le coup de fil attendu, espéré, redouté. Le Docteur E. me téléphonait pour me prévenir qu'un greffon était disponible. A partir de ce moment-là, tout a été très vite. Trajet de nuit vers l'hôpital Universitaire de Mont-Godinne, admission aux urgences, prises de sang de contrôle et transfert au bloc. Les jolis yeux de l'anesthésiste, l'injection qui me conduit bien malgré moi dans les bras de Morphée, un rêve, le rêve d'une journée normale et puis le réveil. Des voix dans le lointain qui me disent que tout s'est bien passé, mon pouce qui se lève pour dire à tous que je vais bien. J'étais greffé. J'étais vivant. Et surtout je respirais comme je n'avais jamais respiré. Une sensation unique, inoubliable. Mes articulations ne me faisaient plus souffrir et de nouvelles perspectives d'avenir s'offraient enfin à moi. Après deux mois de rééducation, de contrôles en tous genres, je sortais enfin de l'hôpital. C'était un 31 décembre, ça ne s'invente pas… »
Perrine Bonte
Témoignage de Léo Durn de SCC, greffé du rein