
Qualité de vie post-greffe
En 2001, 3 258 patients ont bénéficié d’une transplantation d’organe en France (2 022 pour le rein, 803 pour le foie, 342 pour le cœur et 91 pour le poumon).
Les greffes permettent de sauver des vies chaque année et d’améliorer le quotidien des malades. De manière générale on peut souligner que 80 % des greffons sont encore parfaitement fonctionnels 5 ans après la greffe. La transplantation est donc une grande source d’espoir pour les malades atteint d’insuffisance grave pour un organe précis ou souffrant de maladie chronique. Les effets secondaires des médicaments immunosuppresseurs, les épisodes de rejet ou les complications chirurgicales constituent autant d’obstacles au retour à une vie normale pour le patient. Le receveur doit s’approprier à son rythme au nouvel organe.
Quel est la qualité de vie des greffés ?
Douleur post-opératoire
La douleur fait l’objet de la plainte la plus fréquente, puisqu’elle concernerait plus d’un patient greffé sur deux, quel que soit l’organe. Mais c’est aussi, ce qui est le moins connu par les soignants. Les difficultés tiennent tout autant à l’évaluation qu’au traitement de la douleur. Mieux prendre en charge la douleur du greffé signifie d’abord mieux connaître ses causes : tout d’abord l’acte chirurgical, rapidement suivi par les effets néfastes des traitements immunosuppresseurs. C’est aussi savoir reconnaître la nature des douleurs, en particulier les douleurs chroniques. Enfin, c’est éviter les erreurs de prescription chez des patients polymédicamentés. Un patient greffé sur deux est un douloureux chronique. La douleur, qui affecte profondément la qualité de vie des greffés, est pourtant trop souvent méconnue et donc insuffisamment traitée.
Traitements
Les traitements anti rejets (par exemple celui par immunosuppresseurs) sont plutôt faciles dans la vie quotidienne : il s'agit de comprimés à prendre deux à trois fois par jour, ce qui est incomparable avec la vie du malade avant la greffe... La difficulté est dans la régularité puisque si aucun comprimé n'est oublié quelques mois après la greffe, 30 ans après, le réflexe n'est plus aussi évident. La rigueur s'impose donc dans la prise des médicaments car il ne faut pas oublier que ce traitement est à prendre à vie.
Suivi médical
Le patient greffé n'est pas complètement guéri, il reste "un fil à la patte" puisqu'il ne vit pas complètement en dehors du monde médical. Il n'est pas vraiment libéré puisqu'un suivi est obligatoire. En effet, de nombreuses complications, infections ou rejet peuvent se produire à la suite d’une greffe, il est donc indispensable pour le patient d’être suivi par un médecin. Le suivi du patient est très lourd durant les premiers mois suivant la greffe. Au fur et à mesure, si aucun problème n’est signalé, le greffé pourra consulter un médecin 1 fois par mois puis, les consultations deviendront moins régulières jusqu’à être seulement 3 à 4 fois par an pour effectuer des bilans (sanguins, traitement immunosuppresseur, etc.…)
Rejet éventuel
La durée de vie du greffon est limitée. Pour certains, la greffe va très loin, mais ce n’est malheureusement pas toujours le cas. (La survie moyenne d’une greffe de reins par exemple, est seulement de 14 à 18 ans.)
Contraintes pratiques
Pour les premiers cœurs artificiels, les machines étaient en dehors du corps (ils faisaient 3 fois notre taille) donc les patients étaient contraints de rester immobiles pendant le temps où ils étaient branchés.
Perrine Bonte